Gavin Friday
Irlande

GAVIN FRIDAY

Quand on nous a appelés pour nous demander si on avait envie d’inviter une nouvelle légende vivante à notre journée synth/wave, on a dû s’allonger un moment. Puis, quand on a découvert qu’il s’agissait de GAVIN FRIDAY, on a demandé une compresse humide pour le front et un Temesta pour se détendre. Si tous nos rêves se réalisaient ainsi, nous écririons ce petit texte depuis notre hamac sur une île des Caraïbes, juste à côté de celle d’Epstein. Et nous nous préparerions à bombarder les derniers habitants de cette île avec des noix de coco remplies de peinture noire.  Mais nous nous éloignons du sujet, revenons à Gavin Friday ! Les soirées de 2025 étaient en effet merveilleuses, lorsque nous écoutions son dernier album « Ecce Homo », tout en dégustant un verre de vin rouge et quelques scampis en brochette. Avant de l’oublier : nous avons quelque chose de doux-amer à célébrer le dimanche 2 août, car savez-vous qui a produit « Ecce Homo » ?  Dave Ball, l’ingénieur du son particulièrement inventif mais très regretté de Soft Cell. Ce soir-là, nous aurons donc droit à au moins deux hommages à Ball. On l’entend d’ailleurs à l’écoute de l’album : les synthétiseurs semblent parfois tout droit sortis de 1990, à l’époque où nous avons tous cessé d’être sombres et déprimés pour aller faire la fête tous les week-ends. Ceux qui ont assisté plus tôt cette année aux concerts donnés par Friday à Louvain, Amsterdam, Gand ou Anvers n’en reviennent toujours pas. Ce qui est formidable, c’est que non seulement les morceaux de « Ecce Homo » sont au rendez-vous, mais lorsque l’artiste puise ensuite dans « Each man kills the thing he loves » (1989), dans son groupe légendaire les Virgin Prunes (« Caucasian walk ») ou même chez Jacques Brel (« Port of Amsterdam »), la magie envahit la salle à la manière de Peter Pan.  En une heure, vous avez droit à tout : le moderne contre l’ancien (flûte à bec, hautbois baroque, violoncelle, clarinette…), le vacarme post-punk contre le kitsch contre tant de théâtralité qu’on dirait que Herman Teirlinck lui-même s’en est mêlé. Un concert de Gavin Friday reste donc toujours gravé dans votre mémoire, quoi qu’il fasse. Pas d’inquiétude, le lendemain de dimanche, c’est-à-dire lundi, vous pourrez vous en débarrasser en un clin d’œil, à mains nues, avec un gant de toilette, du savon brun et un peu d’eau tiède.