MIDGE URE
Avant de hisser le drapeau tricolore, comme on nous le demande désormais lorsque nous recevons la royauté du rock’n’roll, parlons d’abord d’âge. Non pas que nous voulions révéler le nôtre, mais dès 1976 (!), nous avions déjà accroché un poster de MIDGE URE sur le mur de notre chambre, car nous étions fans de son groupe pop sensationnel, Slik. Ce groupe qui a réussi un jour à détrôner « Mama Mia » d’ABBA de la première place, avec leur classique « Forever and ever ». Slik s’est avéré être un tremplin qui allait valoir à Ure plusieurs médailles d’or. Vous vous souvenez des Rich Kids, avec lesquels, aux côtés d’un Sex Pistol, il a appris à la jeunesse anglaise qu’il n’était pas nécessaire de cracher sur son public pour faire du rock. The Rich Kids ont sorti l’un des meilleurs disques de la fin des années 70. Avec le batteur de The Rich Kids, Rusty Egan, Ure a ensuite fondé Visage, dont « Fade to grey » est un classique avec le G de Grote Kaai. D'ailleurs, à cette époque, Ure faisait aussi partie de – excusez-nous, on va chercher un mouchoir, il faut essuyer un peu de bave – Thin Lizzy ! Les drapeaux blancs que Bono aimait tant agiter au début de sa carrière servaient en fait à se rendre, dans la bataille qui venait d'éclater pour le titre de meilleur groupe de tous les temps originaire de Dublin. Attendez encore un peu avec ce drapeau tricolore, ce n’est pas tout. Ure a rejoint la table ronde appelée Ultravox et est même devenu mondialement célèbre dans des pays où l’on n’avait même pas encore la télévision en couleur. Ce n’était d’ailleurs pas nécessaire, puisque le clip de « Vienna » était en noir et blanc. Ah oui, il faut aussi le mentionner : entre la soupe de tomates fraîches et le gratin dauphinois, il a également lancé Band et Live Aid. Pour lutter contre la famine dans des pays où les enfants ont d’autres soucis que les téléviseurs couleur. Et tu te souviens, à la fin de l’été 1985, quand son tube en solo « If I Was » passait plus souvent à la radio que Madonna et Prince réunis ? Bon, sortons le drapeau et, tant qu’on y est, pourquoi ne pas dépoussiérer le tapis rouge ? Midge Ure fait toujours de la musique, même si son dernier album (« Orchestrated ») date déjà de 2017. Quoi qu’il en soit, son palmarès est si impressionnant que ces quatre astronautes en ont pris des photos depuis une banlieue de la Lune. Pour nous, ça ressemble à un travail à plein temps : choisir quelques chansons parmi cette longue liste de classiques qu’il jouera ensuite en live le dimanche 2 août sur notre scène en plein air. Accueillez-le avec un applaudissement chaleureux et une révérence subtile. La royauté, vous vous souvenez ?