MADRA SALACH
Quand un groupe n'a sorti qu'un seul album, que cet album n'a que quelques mois et qu'après une recherche infructueuse, vous constatez que son prix a déjà grimpé à plus de cent euros, vous savez alors que vous avez affaire à quelque chose d'exceptionnel. Mais parler de « quelque chose d’exceptionnel » à propos du groupe irlandais MADRA SALACH, c’est un euphémisme du même ordre que de dire qu’un cheveu dans la sauce aux saucisses de cheval n’est guère appétissant. Madra Salach, mes amis, est un groupe qui interprète le folk traditionnel avec une telle intensité qu’on pourrait en faire sauter une porte de garage de ses gonds. Irlandais, oui, car notre lundi 3 août se pare en grande partie de vert, blanc et orange, à tel point que Saint Patrick lui-même a appelé la semaine dernière pour figurer sur la liste des invités. Ah oui, l’album de notre phrase d’introduction s’intitule « It’s a hell of an age », ne contient que cinq chansons mais a entre-temps été proclamé patrimoine très convoité dans leur pays d’origine. Le fait que le continent commence à en prendre plein la figure tient en grande partie à leur concert de janvier lors du festival Eurosonic à Groningue, où ils ont balayé la concurrence féroce. Et non, cela n’a rien à voir avec le fait qu’ils roulaient à gauche : Madra Salach en live est un événement si intense que votre compteur d’applaudissements interne doit être rechargé au bout de trois quarts d’heure. Tu fais ce que tu veux, bien sûr, mais les e-mails de ceux qui ont raté le concert de Madra Salach dans notre Club Studio Brussel et qui supplient qu’on leur donne une seconde chance l’année prochaine reçoivent une réponse laconique : « On te l’avait bien dit, non ? ».